BACKUPS DE STEFBAD



NOTE GÉNÉRALE

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Acte I : Singhapura
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Scène I : Accord

 "Nouveau plan Qube pour l'Indonésie et Malaisie ! Cette partie du monde a été longtemps oubliée par les nouvelles technologies. Il est temps que cela change ! Qube créé un partenariat exclusif avec Bahasa Dunia afin d'offrir les toutes dernières technologies. Des nouveaux Postes de Transmission Qube seront installés : à Singapour, Jakarta et Parangkaraya, et plus tard plein d'autres villes seront couvertes ! Un accès au grand réseau de Dakar ! Une ligne courante de plus de 8 kqt (soit 8 Kiloqubits) ! C'est énorme ! Le plus grand débit existant sera délivré chez vous ! Un simple abonnement 8kqt vous permettra de vous connecter au réseau, que peu de personnes ont déjà accès !"

 C'était la première fois qu'on voyait le spot publicitaire, l'écran plat venait d'être mis sur le site de news en Chinois de Bahasa Dunia. 

"Je te disais bien que Qube allait jamais installer son plan 8kqt en Chine !
- Oui mais quand même, trois postes comme ça ça doit leur coûter une fortune, on n'en parlait que de deux dans le plan Chine, Beijing et Xi'an. 
- Ils voulaient aussi faire Guangzhou...
- Mais c'était à l'époque un autre projet. 
- Enfin, tu m'étonnes qu'ils préfèrent le faire avec Bahasa Dunia, ils ont plus d'argent. Tianbaoshi va dans la mauvaise direction, on le sait. 
- C'est quand même une attaque directe à Tianbaoshi ! On ne veut pas de Seconde Guerre Spatiale comme il y eut une Seconde Guerre Mondiale !
- Enfin, que veux-tu faire ? Il y a carrément des villes où il n'y a plus de connexion téléphone ! Tianbaoshi tombe en ruines ! C'est peut-être un nouveau cycle dynastique qui s'annonce, mais c'est pas comme les fois d'avant, car il n'y a personne d'autre qui a grand pouvoir dans la région !
- Tianbaoshi ne tombera pas de sitôt, et tu sais, même si ça tombait, il y aura toujours autre chose qui se lèvera. Qui sait, peut-être un ancien pays !
- Tu me fais rire avec ton idéalisme. Je suis Réshiram et tu es Zékrom, non ? Et un ancien pays, combien de temps cela va durer avant qu'il soit racheté. Il ne faut plus de Tianbaoshi, il va disparaitre quoi qu'il se passe. Mais qui le remplacera ? 
- Nous. Je vois où tu veux en venir. 
- Ah, donc tu te décides enfin !
- C'est dommage de voir tout cela se faire détruire comme ça. 
- Tu préfère avoir un changement contrôlé avec une fin sûre ou un chaos sans fin sûrement éternel ?
- T'as un point. Mais ce chaos ne pourra pas être éternel. C'est pas possible. Tu n'arrête pas de dire que rien n'est comme avant mais en fait ce ne sera rien de spécial dans les yeux du futur. 
- Tu es exaspérant. 
- Toi aussi."
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 Les deux jumeaux se levèrent comme d'un seul homme et éteignirent l'écran d'un ordre vocal. Ils avaient tous deux des cheveux ébène, même si l'un d'entre eux avait ses pointes recolorées en un bleu pastel, des yeux d'un rouge pur et une haute stature. L'un d'entre eux était très fin tandis que l'autre mieux bâti, mais leur commune peau tandant sur le jaune ainsi que leurs yeux bridés et une face sculptée identiquement de manière lisse et faussement jeune, comme ils atteignaient la quarantaine. Celui à la stature fine et aux cheveux recolorés prit la parole :

- T'en as parlé de tout ça à Likseoi ? 
- Bah évidemment, je réfléchis à ça depuis qu'on est arrivé à Singapour ! Notre ami cantonnais tellement forte tête est toujours inclu dans ce genre de choses là !
- Oh, arrête de te moquer de lui... Bien, on va le voir ?
- Huinu ?
- À vôtre service, utilisateur Qiangjing. 
- Prépare les motos. 
- Très bien, mais j'ai besoin de l'autorisation d'utilisateur Yonghun pour déverrouiller la sienne. 
- J'autorise." intervint l'intéressé, tripotant ses cheveux bleus. 
- Je les prépare. Vous pouvez quitter l'appartement désormais. N'oubliez pas de me demander à les recharger à votre retour.
- Oui, oui..." répondit instinctivement Qiangjing

 Celui-ci s'approcha de la porte, suivi par son frère, qu'il déverrouilla et tourna. Il y a des traditions qui ne changent pas même après des millénaires d'existence et des longues périodes de totale transformation. Ils prirent l'ascenseur vers le sous-sol où sont stockés leurs véhicules. Les deux motos des frères Leng étaient postées devant l'ascenseur. Ces bijoux de haute technologie regroupaient toutes les dernières technologies en matière de transport personnel. Si le sans contact au sol était désormais quelque chose de normal, le système de lévitation est le plus au point possible, consommant le moins d'énergie tout en restant puissant et la propulsion par électricité statique, technologie des plus récentes, est la méthode de fonctionnement du véhicule. 
 Ils ont eu telles motos grâce à leur ami Zoeng Likseoi. Cet homme est un habitué des mondes des affaires, ayant été dans de très hautes sphères de Haomeijie avant qu'elle soit absorbée par Tianbaoshi. Même après cela, il s'est trouvé une belle position dans cette entreprise, avant d'être exilé pour des idées indépendantistes pour l'entreprise où il travaillait auparavant. Il partit donc au sud, à Singapour, où il refit carrière à Bahasa Dunia. Les frères Leng le connurent lorsqu'il était à Tianbaoshi, Qiangjing était alors son collègue. Ils devinrent amis, mais comme le Cantonnais rencontra Yonghun, il se rendit compte que les trois étaient autant révolutionnaire les uns que les autres. Ainsi, les Leng suivirent Zoeng dans son exil, et à Singapour commencèrent à planifier une révolution en Chine. 
 C'est chez lui qu'ils s'en allèrent. Une page de l'histoire se tourne désormais, laissant derrière une ère de capitalisme pour un nouvelle d'incertitude. 

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Scène 2 : Réunion

  La pluie tombait en trombes, alors que peu avant le soleil accueillait les nombreux touristes dans cette ville réputée comme celle qui ne sait vieillir. Derrière le manteau de cristal s'élevaient de très hauts bâtiments, tous colorés dans les Blanc, Gris, Noir et Bleus principalement, même s'ils semblaient souvent cristallins, reflétant dans leurs vitrage le ciel. Lorsqu'on baissait la tête, on voyait une foule de personnes, bus et motos, inordonnées dans leur disposition. C'était un paysage courant en Singapour, tellement qu'il est étudié le projet d'ouvrir une route surélevée au tablier électromagnétique pour le passage des véhicules, ce qui pose des inquiétudes sur la sécurité. Que se passe-t-il si le tablier ou un véhicule tombe en passe ? Tout s'écrase sur la foule ? Ce projet est sujet à beaucoup de controverses, mais serait bien requis pour régler le problème de haute congestion que la ville connait régulièrement pendant certaines décennies. La dernière fois, c'était quand Bahasa Dunia n'était pas encore en guerre. Les réfugiés s'y agglutinaient, il a suffi que d'une bombe bien placée en heure de pointe pour faire un désastre et faire entrer en guerre l'entreprise indonésienne. 
 Likseoi regardait cela de la fenêtre. Il aimait bien voir la pluie, cette éternelle descente de goutelettes lui faisait penser à un renouvellement éternel, comme si rien n'avait de fin, que le monde n'était qu'un tissu sans fin qui se courbe au vouloir de ses habitants. Des évènements se doivent de se passer, même si le chemin pour y accéder est différent à chaque fois qu'on commence, comme dans n'importe quel jeu vidéo. On peut peut-être rêver qu'il existe plusieurs de ces tissus, mais c'est encore un problème que les futures générations devront régler. 

"Likseoi" commença une voix sortie de nulle part", un visiteur vous demande. Son nom est...
- Langue, Cantonnais. 
- La langue a été réglée en Cantonnais. Likseoi, un visiteur vous demande. Son nom est Leng Qiangjing et donne ce message :
- Likseoi," sortit une autre voix du plafond " je suis arrivé, j'ai réussi à convaincre l'autre, il vient. Ouvre qu'on vienne. 
- Quels sont vos ordres ?" reprit la première voix
- Fais-le entrer. 
- Comme vous le souhaitez."

 La voix se tut et Likseoi se retrouva dans son calme. Il se dirigea vers son bureau et s'y assit, évaluant ses piles de feuilles bien rangées, ses deux moniteurs, ses crayons et toutes ses affaires bien rangées. Il fut un temps où on disait que le papier disparaîtrait, à l'époque où le numérique apparaissait. Il n'en est rien, l'humanité reste toujours attachée à ses bien-aimées feuilles de papier. Si le numérique a remplacé bien des choses et l'imprimante a depuis longtemps rendue les copistes inutiles, on demande toujours de remplir des formulaires papier, de signer au crayon, et en vérité faire toutes les démarches administratives à la main, mais aussi dans le monde civil il est souvent plus rapide de demander un papier et un crayon à son IA plutôt que de remplacer beaucoup trop souvent des tablettes graphiques. Elles coûtent cher pour le Monsieur Tout le Monde, et le papier est bien souvent bon marché et plus flexible que n'importe quelle application. C'est plus intuitif et simple, sans oublier pratique. Ensuite, on a qu'à scanner et passer la feuille sous reconnaissance de script. Likseoi était particulièrement progresdiste dans ce domaine, mais cela restait un réflexe de sortir un papier et un crayon. 
 Le bruit de l'ascenseur. Likseoi attend patiemment depuis quelques minutes ce signal que ces invités arrivent. Beaucoup désactivent le système de notification pour quand quelqu'un arrive dans son étage à l'ascenseur, le trouvant énervant, mais Likseoi, travaillant systématiquement dans le silence complet, laissant la musique pour les repas et les moment de relaxation, et ce bruit permettait souvent de le reconnecter avec la réalité, entre de longues labeurs administratives. Le cantonnais adore faire cela, son raisonnement toujours logique lui fait adorer le fonctionnement de l'administration, dans lequel il s'est souvent spécialisé. Il est un conseiller du président de Bahasa Dunia, mais il est aussi son secrétaire. Rien ne l'empêchera de constamment huiler les mécanismes de l'organisme dans lequel il est. Il était plongé dans ses pensées qu'une sonnerie retentit. Les frères Leng. Enfin. 
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"Ouvre la porte. 
- La porte s'ouvre désormais."

 La porte s'ouvrit verticalement, un panneau vers le haut et l'autre vers le bas. Certaines portes sont manuelles et d'autres électriques toujours. Si on a tendance à préférer les portes manuelles avec le peur de coupures de courant qui enferment, Likseoi s'en fichait. Derrière la porte, deux personnes apparurent. Les deux distinctement chinois, le plus fin des deux avait ses cheveux recolorés en bleu. C'était lui qu'attendait Likseoi et Qiangjing, Leng Yonghun. Malgré ses tendances conservatrices et confucéennes, il restait néanmoins prône à la volonté de réformation, comme il disait que l'humanité retombera toujours sur ses pattes. Cela le changeait de son frère, toujours à s'inquiéter pour tout. L'hôte prit donc la parole :

"Bonjour à vous deux, là ! Je vois que tu as réussi à recruter Yonghun, Qiangjing ! On a enfin les frères Leng au complet !
- Oui, j'ai enfin réussi. T'as entendu parler de l'annonce officielle de Qube ?
- Oh, oui, avant-hier, pour le vérifier avant de l'envoyer aux chaînes là. C'est passé aujourd'hui ? Je pensais que ça allait prendre plus longtemps pour les services de vérification là. Ils sont toujours super lents. 
- Oh, je vois." répondit Qiangjing "Bah apparemment ils avaient hâte de répendre cette nouvelle !
- Oh oui, et je les connais là, que des gamers !
- Vraiment ? Eh bien ce n'est pas étonnant qu'elle soit sortie aussi tôt ! Bref, à la bonne heure comme ça m'a permis d'enfin avoir l'accord de Yonghun. 
- C'est très bien alors, là ! Bref, tu propose qu'on démarre tout de suite ?
- Non, pas tout de suite, là." répondit Qiangjing, les yeux pétillants
- Arrête de te moquer de lui !" dit Yongun
- Arrête de te moquer de moi, là !" dit Likseoi en même temps que Yonghun. 
- Oh, vous savez que c'est facile ! Hein ?
- Mais ça fait pas rire la gallerie." répliqua sèchement son frère. 
- Rabat-joie !
- C'est pour ça que tu m'aimes !
- Si tu le dis. 
- Stop à la scène de ménage vous deux, là !" s'interposa Likseoi "On sait que vous êtes frères que que vous ne vous supportez pas. Maintenant, excusez le temps qui passe, mais il faut parler de choses plus importantes là ! Bref, pourquoi tu ne veux pas commencer l'opération tout de suite, Qiangjing !
- Oh, c'est bon... Bref, plus sérieusement, je ne pense pas qu'il faut commencer tout de suite, car le monde aurait le regard centré sur nous. Il ne se passe rien d'exceptionnel qui va les distraire pendant qu'on démarre la révolution, car sinon, on est mort. 
- Eh bien t'as qu'à pas la faire !" dit Yongun, le sourire aux lèvres. 
- Ce n'est pas le moment. Bref, je pense qu'il faut organiser un danger autre part, sur lequel le monde se concentrera. 
- Dans l'espace ?" proposa Yonghun
- Je pense que c'est notre meilleure solution. Il faut attiser les Pirates Spaciaux. Mais comment faire ?"

 Likseoi se remit sur son siège et ordonna de faire apparaître deux chaises devant son bureau, ce que l'intelligence artificielle fit, et demanda à ses invités de prendre place. Ensuite, il rechercha furieusement sur internet. Il devait trouver des informations sur les Pirates Spaciaux. L'idée de Yonghun était géniale, Likseoi savait que c'était vital de l'inclure dans le projet. Mais maintenant il restait le problème de faire cette proposition. Car c'est complexe, il faut en effet trouver quel mouvement contacter, et comme il n'y a pas de liste sur de telles choses, les contacter, encore plus irréalisable. Mais Likseoi a des contacts, et il compte les utiliser à son avantage. 

"Très bien, donc je vais voir ça. Sinon, dois-je vous parler des recherches ?"

Scène 3 :

 C'est un sombre et vieux sous-sol. Les lumières ne marchent pas très bien. C'est très profond, et taillé dans la pierre même, toujours rugueuse, et la seule façon d'y progresser est d'utiliser une vieille passerelle en acier. Pourtant, malgré à quel point la salle est arriérée, elle contient certains des outils des plus hautes technologies. 
 Des gouttes tombent sur le métal nu, mauvaise isolation avec le dehors en proie à une tempête de mousson. Le bruit régulier et agaçant pour n'importe qui aux alentours fut soudain perturbé par le bruit de quelqu'un marchant dessus. Le bruit aigu et creux fut assez pour défaire les auditeurs potentiels de leur énervement. De vieux spots s'allumèrent. Leur fébrile lumière clignotait sans vouloir ni s'allumer, ni s'éteindre. Les pas se rapprochaient. On pouvait identifier plus d'une personne grâce au son, comme le bruit des pas traduisait une marche régulière, avec peu de poids placé sur chaque pied lorsqu'il touche la passerelle, mais tout de même en un rythme plus que soutenu. 
 Les rongeures détournent la tête. Malgré la régilarité de ces voyages, ils sont tout de même assez nouveaux pour les petits habitants des souterrains de cet immeuble. Cela ne fait que peu que ces aller-retours se multiplient, ainsi la cassure de la tranquillité de l'endroit abandonné depuis des lustres est toujours un moment d'extrême curiosité pour les petits habitants. Ils suivent de la tête cette procession de personnes jusqu'à ce que celle-ci s'arrête. Un petit couinement. Puis un bruyant mouvement d'un lourd objet. 
 La porte est vieille et rouillée, cette antiquité est toujours sur le point de tomber en ruines. Six cents ans d'existence et même avec peu d'entretien tout reste solide et fermement entrelacé. Les capacités de ces anciens hommes étonnera toujours ces émigrés. 

Mise à jour : 13 mars 2020 13:19 Auteur : Stefbad


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