BACKUPS DE STEFBAD

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BAZAR

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 J'aime bien cette petite forêt, celle dans laquelle je passe tous les jours pour rentrer chez moi. Elle est couverte de chênes et divers autres feuillus, qui donnent une atmosphère d'intimité comme on ne voit que peu le ciel. Le toît vert du petit chemin que j'emprunte est reposant, après l'enfer de la ville et avant celle de la maison, toujours agitée. Lorsque le soleil se couche, deux simples petits lampadaires éclairent la vaste forêt qui s'étend à ma droite et à ma gauche. Lorsque le vent se lève, quelques feuilles dansent sur le chemin, comme si elles voulaient m'entraîner. Lorsque la pluie tombe, son bruit relaxant se confond avec celui qui tombe sur le toit, faisant comme une symphonie de petits bruits.
 On dit que les introvertis aiment le son de la pluie, j'en suis peut-être un comme je l'adore. Mon corps fin et grand est mon testament d'avoir toujours voulu être musclé, mais ne pas me motiver à aller faire quelque chose. Mon corps blanc est ma déception de ne pas pouvoir bronzer, j'aimerais tellement pouvoir me voir sous une autre couleur. Mes cheveux blonds et mes yeux bleus me font remarquer facilement, dans ce monde où ceux qui ont ces caractéristiques ne sont plus à la mode depuis des lustres. On ne peut rien y faire sauf se recolorer les cheveux, mais en tout cas, je suis moche selon les critères d'aujourd'hui. J'ai pourtant demandé à ma mère plein de fois, mais elle me rabâche toujours que la beauté ce n'est pas une question de cheveux blonds ou cheveux noirs. À cause d'elle, je suis relégué au statut de l'intello de la classe, celui qui n'a pas amis tant il est bizarre. Elle m'énerve. 
 Je tombe. Pourquoi je tombe ? Je lève instinctivement les bras de façon à me protéger. J'évite la violence du choc sur mon visage, mais il n'empêche qu'il termine sa course dans les gravats. Mes pauvres muscles n'ont pas répondus, exténués par la pratique scolaire de sport que j'ai eu juste avant. J'ai du trébucher sur quelques gravats, mais je suis tombé vers l'avant. Y avait-il un petit rocher sur le chemin ? S'il y en avait un, je ne serais sûrement pas tombé, vu à la vitesse lente à laquelle j'allais. Et de toute façon il n'y a aucun roc derrière mon pied. Peut-être que, plus que mes bras, mes jambes sont fatiguées ? Sûrement. En tout cas, là, j'ai un gros coup de barre. Il va falloir que je me couche tôt, je recommence tôt, pas grasse matinée demain malheureusement. J'ai un peu mal au dos, curieusement. Peut-être un effet secondaire. 
 Finalement, je rentre chez moi écorché, je me fait faire une désinfection générale, fais mes devoirs me lave, regarde la télé et me couche. Je suis toujours incapable d'expliquer ce qui m'est arrivé. C'est tellement étrange ! Presque comme si on m'avait poussé. Mais qui aurait l'idée de me pousser ? Et pour quoi faire ? Et pourquoi je n'ai pas ressenti l'impact ? Tellement de questions passent au travers de mon esprit fatigué. Peut-être que je trouverai les réponses demain... car là je veux do...

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... Aille ! J'ai mal ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Je sens comme une brûlure me déchirer de toutes parts. Ou qui m'a déchiré de toutes parts. Je ne sais pas. Cette douleur s'estompe. J'ai l'esprit embrumé... Je viens juste de me réveiller. Je regarde instinctivement l'heure. 3 heures, je vais être fatigué aux cours... Je me rallonge... Tiens ? Je m'enfonce plus profondément que d'habitude. J'ai un large matelas, et j'aime bien m'y enfoncer dedans, je l'ai fait tellement de fois que je connais par cœur à quel point je m'y enfonce, mais là c'est différent. Bah, je me suis sûrement écroulé plus violemment. Hmm... je dois aller au toilettes. 
 Je me lève et sort de ma chambre, pour aller dans le couloir noir de la maison. Tout le monde dors. J'aime bien la nuit, c'est calme. Et c'est tout de même utile d'avoir des moments calmes parfois. Je trouve qu'on n'accorde pas assez d'importance au calme, non que ç'en ait beaucoup... J'ouvre la porte et allume l'interrupteur et... Ah ! Il y a un bras bizarre ! Pourquoi ya un bras sur l'interrupteur ! J'ai un instinctif mouvement de recul, et le bras fit de même. C'était étrange. Je m'asseois sur les toilettes et fixe l'interrupteur. Ce bras était quand même beau, il était bien musclé et avait une peau olivée, comme s'il appartenait à un modèle. Je baisse ma tête pour réfléchir et... Non mais qu'est-ce que ce corps ? Là c'est vraiment bizarre ! Je baisse la tête et vois un corps super musclé et la peau tout autant que le bras auparavant mate. Là... Là ya un problème. J'ai mal à la tête. Qu'est-ce qui se passe ?
 Alors que je termine de faire mes besoins, je m'essuie rapidement et cours vers la salle de bain. Il y a un miroir à l'intérieur, je vais voir ce qui se passe, j'ai peur de ce que j'y verrai. Lorsque j'y arrive, mes inquiétudes se révèlent justes. Le miroir renvoie l'image d'un homme Arabe, peau mate, cheveux noirs et carrure musclée. Là ya aucun doute. Il y a un problème. Un gros problème. Je ne suis pas sensé être comme ça. Je suis au moins beau mais bon. C'est pas moi. Qu'est-ce qu'il se passe ? Je dis ça depuis hier soir... Peut-être que ça a quelque chose à voir avec ce qui s'est passé hier ? J'y comprenais rien mais peut-être qu'y'a un lien avec c'qui se passe. Mais bon. Je ne vais tout de même pas rester comme ça. Hein. Hein ? Hein ! 
 Je commence à pleurer. Non, un homme comme moi ne doit pas pleurer. J'suis pas une femellette ! Je reviens dans ma chambre. Elle me semble bizarre lorsque j'y entre. Comme si elle était... Trop bien rangée. Pourquoi cette sensation ? Je suis un maniaque au troisième degré ! Bref, je me jette sur le lit. Je veux oublier ce qui se passe. Je ferme les yeux. 
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 Ah ! Ça chlingue ! C'est moi qui a cette odeur ? Mais je pue ! Impossible d'oublier c'qui se passe de bizarre ! Je me lève. Comme si je dois me lever. J'ouvre mon placard. Comme si je le devais. Je prends un jogging qui comme je l'enfile se métamorphose pour embrasser mes nouvelles formes. Je m'empare de même d'un T-shirt et d'une veste qui lorsqu'ils entrent en contact avec mes nouvellement taillés pectoraux se réajustent comme s'ils avaient toujours été à ma mesure. Je m'équipa finalement d'une casquette qui, pour des mesures de cohérence, je plaça à l'envers. Comme si je le devais. Je crois qui faut qu'je sorte de la maison. Je vais vers la porte, prends mes clefs, et je pars. 
 J'ai besoin de marcher dehors. J'comprends plus rien à ce qui se passe, mais je dois m'aérer. Quel sera mon futur ? J'ai un beau corps mais je ne suis pas moi. Comment faire ? Je vais aller vers la place, je pense que ce sera bien. Je marche en pleine nuit, aucun lampadaire ne m'éclaire la voie. J'y vais à l'aveugle mais je suis persuadé que j'y arriverai. Il y a quelqu'un. J'entends quelqu'un parler. Je regarde autour de moi. J'vois rien dans le noir. J'accélère. J'ai peur ? Bah non, j'ai pas peur. Un homme n'a jamais peur. Mais quand même. Je me dépêche. Juste un peu. J'entends mieux ce que ces personnes disent. Ils m'appellent. Je me retourne, et j'ai de la lumière dans la gueule. Je regarde d'où elle vient puis je vois que c'est deux hommes que j'ai jamais vu. Ils me disent :

"Hey Mec, attends !"

 Ce sont comme moi des Arabes, avec une grosse carrure. Peut-être qu'ils sont comme moi ? Qu'ils sont devenus comme ça mais ils sont en vrai des personnes normales ?

Mise à jour : 13 mars 2020 13:19 Auteur : Stefbad


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